DOSSIER N°10 / L’eau et les fantasmes

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DOSSIER écrit par  Marc Henry et Rodolphe Forget – publié le 14 avril 2015 –

Il y a différentes façons de comprendre le mot « fantasme », cependant nous pouvons nous accorder sur son origine étymologique qui dérive du mot grec φαντασμα (phantasma) désignant au départ « illusion » ou « apparition ». De nos jours, le mot fantasme possède une connotation nettement sexuelle, suite aux travaux du psychanalyste allemand Sigmund Freud qui utilisa le mot allemand Phantasie qui désigne une production imaginaire qui représente un sujet dans un scénario déterminé, à la manière d’un rêve, et figure, d’une manière plus ou moins voilée, un désir. Comme le mental a une difficulté à se représenter le fonctionnement complexe du vivant à laquelle l’eau participe pleinement, il produit du fantasme avec cette dernière. Dans la première partie du dossier, Marc Henry démystifie quelques exemples très célèbres de fantasmes sur l’eau, prétendument  scientifiques. Puis dans la deuxième partie du dossier N°10, Rodolphe Forget s’applique à comprendre pourquoi ces fantasmes ont-ils un écho si favorable dans le public, en démontrant le paradoxe de la science qui produit elle-même les fantasmes qu’elle dénonce depuis la désacralisation par Lavoisier au 18e siècle, de l’Élément Eau en banale substance du quotidien.

Par Marc Henry (extrait):
« Un deuxième fantasme solidement ancré dans l’imaginaire de la pensée humaine est de croire que l’eau peut être purifiée. En fait, tous ceux qui ont essayé un jour de produire une eau ultra-pure se sont heurtés au problème du container. L’eau lorsqu’elle devient suffisamment pure est en effet un liquide hautement corrosif et tout récipient verra sa surface attaquée par le liquide vorace. Pour éviter la pollution, on pourra utiliser la lévitation acoustique comme on le voit ici, mais encore faudra-t-il prendre bien soin de faire cela dans le vide car l’air contient des gaz qui peuvent se dissoudre dans l’eau pour former des nanobulles. Bien évidemment, cela est totalement impossible à réaliser car l’eau est par faiblement incapable de rester liquide dans un vide poussé. Quoique nous fassions, l’eau liquide sera donc toujours un petit peu « sale ». Il convient donc de bien vérifier avant d’acheter un système sophistiqué de « purification » de l’eau le niveau d’impuretés qu’il est souhaitable d’atteindre car au-delà d’une certain seuil, le prix croîtra de manière exponentielle. L’acharnement de certaines personnes à vouloir purifier l’eau à tout prix pour la boire doit donc inciter à la pitié et tient plus de la névrose obsessionnelle que d’un souci de bien être.

 

l'embriquement de la pensée
l’embriquement de la pensée

Par Rodolphe Forget (extrait):
« Dans le cas de l’eau, « l’âme errante » (fantôme) est la projection mentale (fantasme) que nous avons de notre origine liée à l’eau, et donc de nous-même composé à 99% de celle-ci (« âme incarnée »). Une forme de dualité qui doit être résolue et transformée en non-dualité (harmonie) puisque nous sommes l’image de notre projection. Mais l’origine, tout comme la mort est un mystère. Elle fait donc peur. Cette dernière est crée par le mental qui est nourri par le connu (le passé et la connaissance intellectuelle). Le mental a donc logiquement une aversion pour le mystère qui lui est inconnu (présent) car non connu (passé). L’une des vertueuses fonctions de la peur est de stimuler le courage (un dérivé du mot «coeur ») qui, une fois activé, peut amener à traverser la peur telle une « porte » qui, après ouverture de celle-ci, permet d’accueillir la réalité et donc ressentir la liberté c’est-à-dire l’amour ou l’unité (dossier N°12). L’eau (phonétiquement « O » et « haut ») serait la serrure et l’égo, la clé. Le fantôme de l’eau, ainsi, n’est plus; le fantasme à son sujet cesse. À l’instar d’un fantasme sexuel qui disparaît après l’exécution de celui-ci. »

— ACHETER en ligne le dossier N°10 à l’unité  —

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